Centrisme
Le centrisme est une posture politique. Ce n’est pas un projet, une vision, une famille, une adhésion à un socle de valeurs communes. Etre centriste, c’est vouloir dépasser le clivage gauche-droite pour prendre ce qu’il y aurait de mieux dans chacun des camps.
Au delà de cette prétendue
hauteur d’esprit, cette posture politique est très dangereuse.
1 – Elle nie la qualité du débat démocratique en prétendant dépasser de simples querelles. Personne n’a raison, sauf moi qui me place au dessus. Or l’engagement politique à droite ou gauche n’est pas synonyme de fermeture d’esprit. C’est défendre une vision cohérente de la société en acceptant la contradiction, contrairement au centrisme qui la rejette en prétendantla dépasser. La principale conséquence de cette posture est qu’elle alimente le discrédit généralisé de la politique, et partant renforce le discours des extrêmes.
2 – Le centrisme est une posture
politique facilement assumée qui dissuade les citoyens de s’engager véritablement.
En se déclarant centriste, on ne se risque pas au débat et à l’opprobre… on
passe presque pour quelqu’un de raisonnable. Voire un peu tiède mais c’est
moins effrayant qu’un dur militant de droite ou de gauche. Le problème est que
cela peut dissuader les citoyens de s’engager en préférant une posture
centriste confortable à l’engagement pour une conviction politique profonde et
cohérente sur la société, ses valeurs et sa politique.
3 – Le centriste est dans
l’incapacité politique de porter les réforme nécessaires. C’est un problème
quasi-mécanique expérimenté maintes fois sous la IIIe, et surtout IVe
République. Ne pouvant représenter plus de 50,1% des voix de l’hémicycle, les
radicaux sont obligés de s’allier avec la droite ou la gauche pour mettre en place
leur politique. Sauf que leur prétention à dépasser les clivages les pousse à
s’allier au grés des circonstances, ce que leurs partenaires n’acceptent plus
après les premières voltefaces. Pour rester aux commandes ils sont ainsi forcés
à l’immobilisme. Le bon docteur Queille veille sur nous…
Certains vont me reprocher mon attachement à la politique manichéenne droite versus gauche. Tout n’est que querelle, spectacle et luttes politiciennes. On se place contre l’autre sans reconnaître qu’il y a de bons projets de son coté. C’est vrai sur un plateau télé, mais faux dans la réalité du débat politique à l’Assemblée, dans les commissions et les bureaux.
Le démocrate n’est-il pas un politique au service de son pays en défendant par le logos une conviction profonde qui se nourrit du débat pour s’enrichir ?
Merci et bienvenue à Romain D. qui rejoint Melting Pop en signant ce premier article fort à propos au lendemain du débat entre les Français et M. Bayrou à la télévision




Les commentaires récents