Je n’ai pas peur de le dire, même si certains de mes amis m’en
voudront : la candidate socialiste a fait selon moi une très bonne prestation
sur TF1 hier soir, en s’exprimant calmement même face à certains panélistes un
peu durs, en parvenant à livrer son projet dans ses grandes lignes sans se laisser
enfermer à aucun moment.
Bonne prestation donc, mais sur la forme seulement: le
projet présenté hier laisse entrevoir une France idyllique, donc chimérique. Il
semble impossible - à courte vue seulement bien sûr - de ne pas succomber aux
charmes des propositions énoncées: travail pour tous avec 500 000 emplois aidés
dits « tremplins », rémunération attractive pour chacun avec la hausse
du SMIC à 1500 euros et des salaires aujourd’hui immédiatement supérieurs à ce
seuil, revalorisation des petites retraites, budgets supplémentaires pour
l'éducation et la recherche, droit à la formation renforcé, prêts à taux 0 pour
les jeunes...Le tout bien sûr en l’absence quasi-totale de détails sur le financement
des propositions.
La gauche qualifie souvent Nicolas Sarkozy de « dangereux » ;
on peut aujourd’hui plus que jamais retourner la critique au programme du parti
socialiste, qui se transforme une fois encore en marchand de rêve à l’approche
de l’élection.
Donner un faux espoir à celui que sa situation difficile amène
à se raccrocher aux promesses du plus offrant n’est pas digne d’un parti qui aspire
à gouverner notre pays.
Regarder les Français dans les yeux et leur donner constamment
raison, leur promettre de leur offrir tout ce qu’ils demandent, sans jamais savoir
dire « je ne suis pas d’accord avec vous » ou « ma conviction personnelle
sur ce sujet est la suivante » devraient alerter nos compatriotes sur le
manque de sérieux du projet de Madame Royal.
Deux points permettent d’étayer ces propos :
- La candidate du PS propose de revaloriser les petites retraites
de 5% ; Nicolas Sarkozy prône une mesure similaire, à ceci près qu’il annonce
le financement de cette mesure : par la remise à plat des régimes spéciaux.
- Ségolène Royal veut imposer un SMIC à 1500 euros bruts en 5
ans, qui pèsera sur la compétitivité des entreprises et sur le déficit de l’Etat.
Nicolas Sarkozy propose de redonner du pouvoir d’achat à ceux qui travaillent, pour
relancer la machine économique. Logique interventionniste contraignante VS investissement
favorisant l’énergie créatrice.
Ces deux exemples sont révélateurs du clivage fort de cette campagne :
oui, le programme de Madame Royal est généreux, humaniste, emprunt de bons sentiments,
et dessine une France dans laquelle chacun souhaiterait vivre, mais c’est un
projet illusoire. L’objectif du pays parfait est posé, mais pas le chemin, puisqu’il
n’existe pas. Nicolas Sarkozy est le candidat qui, non seulement propose un chemin,
mais donne un cap à des électeurs responsables, à qui il explique ce qu’il est
possible de faire, et comment.
En jouant sur le pathos, la compassion facile, la générosité
intenable, Ségolène Royal a certainement réussi son pari pour cette émission,
en donnant les signaux que la partie utopiste de son électorat attendait.
Restons plus mobilisés que jamais autour de Nicolas Sarkozy pour faire triompher
le réalisme de ses propositions, qui seules permettront d’améliorer pour de bon
la vie des Français.
Romain
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